Si j’avais su que mon mec était une merde, ça n’aurait jamais été mon mec.
Toutes les histoires ont une fin. Sauf celle avec votre baby daddy. Donc choisissez-le bien. Okay, d’accord. Mais un peu comme le crossfit, c’est plus facile à dire qu’à faire.
Mais commençons par le début. Et la vérité, c’est que je m’en veux souvent de ne pas être plus assidue avec ma newsletter. Mais l’autre vérité, c’est que si je n’écris pas, c’est que je n’en ai tout simplement pas le temps.
Parce que je suis maman. Et une maman solo de surcroît, comme c’est super tendance de dire en ce moment.
Mais si je veux être sincère avec vous, je vous dirais que je ne me suis jamais vraiment sentie — ni considérée — comme une maman solo. Je n’ai d’ailleurs jamais dû passer plus de deux jours seule avec mon bébé depuis sa naissance.
Ça me fait penser à ce proverbe africain qui dit qu’il faut tout un village pour élever un enfant. Et franchement, mon fils a la meilleure des bourgades autour de lui. Je ne suis pas une maman solo ni une maman isolée. J’en vois et j’en connais, et je peux vous dire que ma vie ressemble au Club Med de Punta Cana à côté de ce qu’elles vivent et endurent au quotidien.
L’omniprésence de tous mes proches m’a permis d’aimer la maternité et de construire une relation saine avec mon fils, dans une quiétude privilégiée. J’ai eu du temps pour souffler, et un autre pour me retrouver et me reconstruire en tant que femme. Je ne suis sûrement pas une « vraie » maman solo, mais pour l’instant, je suis le seul parent présent de mon enfant et, un peu comme dans Spiderman, c’est un grand pouvoir et une grande responsabilité.
Il faut dire que malgré mon égocentrisme et mon amour pour le farniente, j’aime tellement être mère que même le manque de sommeil a le goût d’un cannoli à la ricotta dégusté sur une terrasse, dans le centre historique de Florence.
J’aime être maman et ça ne me dérange plus d’être seule. Mais ce qui me saoule vraiment, c’est tout ce qu’il y a autour. Tous ces gens qui mettent leur nez dans nos affaires et dans les couches de nos gosses pour nous expliquer comment et pourquoi on n’aurait pas dû finir maman solo.
Parce que oui, on ne va pas se mentir : s’il y a bien une chose que la société sait faire subir aux femmes, c’est la culpabilité. Depuis l’arbre et la pomme, tout est de notre faute.
Et c’est d’autant plus vrai pour les dames, plus ou moins jeunes, qui élèvent leurs enfants seules.
C’est de notre faute de ne pas avoir su déceler en amont que le père de nos enfants allait être un lâche sans vergogne, un abonné absent, une larve, un bon à rien aussi inutile qu’un iPad en Terre du Milieu.
C’est un peu comme ces gens qui demandent pourquoi les victimes de violences conjugales ont eu l’idée saugrenue de se mettre avec un mec dangereux et agressif.
Parce que oui, c’est marqué sur leur front. Ils arrivent au premier rendez-vous avec un badge « je vais te prendre pour une conne ou un punching-ball », et on y va les yeux fermés.
Alors bien sûr, nous, mamans solo, on n’a pas le droit de se plaindre. Beaucoup sont même persuadés qu’on a usé de ruse et d’astuces pour faire un mioche dans le dos de ce mec qui aurait sans doute été si merveilleux si on ne l’avait pas mis au pied du mur.
Déjà, a-t-on vraiment besoin de ruse et d’astuce pour amener un homme à se déshabiller ?
C’est d’ailleurs l’action qui précède la grossesse qui pousse tant d’entre eux à mentir et à roublarder. Il y a un adage universel qui dit qu’il n’y a pas plus gentil qu’un mec qui souhaite te mettre dans son lit, et je pense qu’il fonctionne en tout temps. Que ce soit aujourd’hui ou à l’ère du Paléolithique supérieur.
Et loin de moi l’envie de jouer la victime ou de me plaindre de l’acte qui précède la grossesse. Mais je pense sincèrement que si la plupart des mères solo avaient vraiment voulu faire un enfant dans le dos de quelqu’un, elles auraient choisi un mec un minimum rentable.
How can you be afraid of gold diggers when you have no gold to dig?
J’aime être maman solo. Et aujourd’hui, j’en suis même fière. Parce que pour moi, ça veut dire que je suis restée, que je me suis battue et que j’ai vaincu ma peur.
Même si, entre-temps, d’autres sont arrivées : la peur de ne pas être — ni faire — assez, la peur de faire trop, la peur de transmettre nos traumas à un petit être qui n’a rien demandé, la peur de répondre à des questions indiscrètes, la peur de ne pas pouvoir assumer les « deux rôles », la peur de la fête des pères, la peur des réunions de parents, la peur que la rancœur gagne du terrain et étouffe tout l’amour, la peur de devenir ces adultes qui en veulent à leurs enfants pour une vie ratée, la peur de refaire la même erreur de jugement avec un autre homme, la peur d’introduire dans la vie de mon fils un homme instable ou pire : un prédateur sexuel, un pervers. Et surtout, la peur du regard extérieur.
Oui, aujourd’hui, j’aime être maman solo. Mais hier, j’avais honte. Honte de devoir affronter le jugement et les interrogations du monde extérieur. Honte que ça me soit arrivé à moi, d’habitude si smart et si vigilante.
Et si j’ai porté cette honte pendant quelque temps, c’est sans doute parce que c’est tout ce que nos sociétés renvoient aux mamans seules : des femmes qui subissent, des femmes qui ont raté leur vie, des femmes qui n’ont pas su garder leur mec.
Parce que même quand l’homme part, c’est à la femme qu’on en veut. On pointe du doigt la maman qui élève ses enfants seule, et on parle très rarement du père qui vient et part à sa guise. Parce que « les hommes sont comme ça », qu’ils disent. Changeants, peu fiables. Ils abandonnent leurs enfants après une dispute, un divorce, un désaccord, une nouvelle rencontre ou une envie de voir du pays.
Les hommes sont comme ça. Eux, ce bloc monolithique et uniforme, tellement prévisible que c’est à nous de prévoir. Sinon, c’est qu’au fond, on l’a bien cherché. Parce que tu croyais quoi ? Que ça ne pouvait pas t’arriver à toi ?
Eh oui, la vie est dure pour les femmes. Et elle est encore plus dure pour celles qui sont seules avec leurs enfants. Seules pour l’amour, seules pour les finances, seules pour les joies, seules pour les peines, seules pour la discipline.
Alors soyons tous un peu plus doux avec celles qui doivent s’entraîner à être à la fois le bon et le méchant flic.
Soyons tous plus tolérants face au malheur et au désarroi des autres. Parce que généralement, élever son enfant seule est une conséquence non voulue. Et encore plus généralement, une charge acceptée avec force et détermination.
Dans Gone Baby Gone, le type commence en disant que ce sont les choses qu’on ne choisit pas qui font de nous ce que nous sommes. Et c’est sûrement vrai.
Mais si on pouvait choisir, je suis sûre que beaucoup d’entre nous — les mamans solo — choisiraient le meilleur des hommes et le plus merveilleux des papas pour nos bébés.
Mais bon, la plupart du temps, on fait avec les moyens du bord. Et souvent, il n’y a pas de moyens, ni même de bord.
Un Chanel 25 pour mettre quelques couches et la boîte de sérum PHY
Le Sima Grand Shearling Coat de Nour Hammour pour ne pas cailler en attendant la sortie d’école
Un blazer cintré Vivienne Westwood pour montrer qui est qui à la réunion des parents
Les Criss Cross d’Alaïa pour faire les grosses courses à plat
Un masque LED anti-âge de Dennis Gross pour qu’on soit à jamais des MILF
La routine visage spéciale vacances d’Ole Henriksen (avec un billet d’avion pour Pemba)